Eurobois : l’envol de la production connectée

Succès de fréquentation, avec une augmentation de +16,8 % des visiteurs par rapport à la précédente édition, Eurobois 2018 a aussi été un succès d’innovation. Dans le secteur des technologies pour le bois, les principaux leaders ont répondu présent, en mettant en avant leurs solutions logicielles pour une gestion connectée de la production, et leurs solutions techniques pour optimiser les process d’usinage, une double tendance qui oriente le secteur vers l’usine de type 4.0.

 

Après une année de transition, l’édition 2018, qui s’est déroulée à Lyon du 6 au 9 février, a montré qu’Eurobois se positionne comme le salon de référence pour la filière bois en France. Non seulement il a réuni 380 exposants, dont les principaux acteurs des technologies pour l’usinage du bois, mais il aussi attiré un visitorat de 23 000 professionnels, en forte hausse de 16,8 %. L’analyse de ce visitorat montre qu’il comporte un petit pourcentage de professionnels de la 1ère transformation (3 %), et surtout une majorité de professionnels de la seconde transformation (60 % du visitorat total, dont 46 % pour le second œuvre, et 14 % pour le meuble et agencement). D’autre part, 40 % de ce vistorat est issu des régions autres que Rhône-Alpes, notamment l’Ile-de-France et le Grand Ouest, ce qui traduit le rayonnement national de la manifestation. « Nous sommes très contents de cette édition, non seulement pour nous, mais pour l’ensemble du secteur, déclare Laurent Maziès, le gérant de Biesse France, qui a fortement soutenu la tenue d’Eurobois à Lyon. Nous avons enregistré près de 1500 clients avant le salon, et reçu beaucoup plus de visiteurs qu’il y a deux ans, avec des projets précis. Nous avons aussi senti des visiteurs motivés par la richesse de l’offre du salon. » Le groupe italien avait cette année un stand de plus de 1000 m2, réunissant ses deux gammes de machines sous marque Biesse pour le meuble et l’agencement, et Uniteam pour la construction bois.

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La satisfaction était aussi au rendez-vous sur le stand de SCM Group, qui a lui aussi augmenté sa surface d’exposition pour atteindre 600 m2, ce qui lui a permis de présenter sa stratégie de re-branding lancée en mai 2017 : pour une meilleure lisibilité de son offre, l’ensemble de ses machines et systèmes pour l’usinage du bois sont désormais regroupées sous la seule et même marque SCM. «La fréquentation de cette édition a été en nette hausse, et nous avons reçu plus de 100 clients par jour, s’est félicité Thierry Nicolet, le gérant de SCM Group France. Nous avons vendu environ 50 % de machines de plus par rapport à l’édition précédente, et constaté le dynamisme d’activités comme l’agencement et les aménagements de caravanes. » Le salon a également pris des initiatives pour valoriser l’innovation, en lançant une formule élargie de ses Trophées Eurobois, qui a mobilisé une trentaine d’exposants et permis de récompenser les 5 innovations les plus abouties (Voir Cahier Spécial Fournitures du 23 février 2018). Des efforts qui ont été reconnus par la Fédération européenne des fabricants de machines à bois (Eumabois), qui a intégré Eurobois à son calendrier des salons labellisés de la machine à bois, après la visite de son président Jürgen Köppel, également PDG du fabricant allemand d’outils de coupe Leitz GmbH & Co.

Plaqueuse de chants Akron 1400 (Biesse).

 

Une tendance majeure : les plateformes numériques

En matière de technologies pour l’usinage du bois, le salon a montré que l’évolution actuelle majeure ne se situe pas au niveau des techniques d’usinage, mais dans le développement de plateformes numériques qui permettent de gérer les différents paramètres de la production, en connectant les outils logiciels et les machines, pour réaliser des opérations de plus en plus complexes, tout en améliorant la productivité. La plateforme IoT (internet des objets) Sophia, proposée par Biesse et mise au point avec Accenture, en est un exemple par excellence, puisqu’elle fait partie des 5 lauréats des Trophées Eurobois 2018. C’est l’innovation majeure pour le groupe italien, qui l’a mise en scène dans un espace interactif dédié sur son stand. « Comment définir Sophia ? Il s’agit d’un bond en avant technologique qui fait de l’usinage bois un nouveau métier, explique Laurent Maziès. Grâce à cette plateforme, il est possible d’obtenir en permanence des informations sur le fonctionnement des machines, consultables sous forme de tableaux de bord. Résultat, on peut tout connaître sur le fonctionnement, les rendements et les taux d’occupation machine, ce qui permet de prévoir et d’anticiper les pannes, et au final des gros progrès en productivité. » La plateforme Sophia, c’est aussi un ensemble de services « à la carte », de la distribution de logiciels à distance aux alertes machines, jusqu’aux services avancés comme l’analytique approfondie, sans oublier la connexion avec le service de gestion et de commande des pièces détachées du fabricant. Dans une logique de « big data », toutes les données recueillies par l’ensemble des machines connectées permettront bientôt une optimisation des processus et l’entrée dans l’usine du futur 4.0.

Lamello Tenso P-14.

 

Autre fabricant industriel italien de technologies pour le bois, SCM Group, se concentre aussi sur le développement de son « Réseau digital SCM », qui était présenté sous forme de vidéo sur son stand, après avoir été au cœur des Digital Days, une manifestation qui a attiré plus de 2500 personnes à son siège de Rimini du 25 au 27 janvier dernier. Ce rendez-vous a été l’occasion d’expérimenter les Maestro Digital Systems, le concept créé par l’entreprise pour pouvoir produire de façon à la fois automatisée et personnalisée : il se compose d’un écran de commande de nouvelle génération (Eye-M), d’un système d’assistance et de maintenance à distance innovant grâce à des lunettes à réalité augmentée (Maestro Smartech), du logiciel Maestro Suite, et d’un système de simulation en réalité virtuelle 3D pour suivre le développement du projet (Maestro Xplore). Le concept comprend aussi Maestro Datalink, la plateforme IoT (internet des objets) qui recueille les données liées au fonctionnement des machines afin d’être analysées. Le groupe allemand Homag n’est pas en reste, avec le développement de sa plateforme digitale, Tapio, développée avec Microsoft et Software AG, qui couvre toute la chaîne de valeur dans l’industrie du bois, et se décline en un ensemble de services : avec Machineboard, l’opérateur suit en temps réel tous les paramètres de fonctionnement de la machine et peut planifier toutes les opérations, Datasave permet de sécuriser toutes les données de la machine, pour les restituer en cas de panne et relancer la production dans des temps records, MESboard permet de modifier de façon optimale et rapide les paramètres de la chaîne de production, tandis que ServiceBoard contacte automatiquement la hot line du fabricant en cas de message d’erreur sur la machine, pour gagner un temps précieux. Enfin, le fabricant de solutions d’usinage pour le bois massif Michael Weinig AG a rejoint l’organisation MindSphere World, fondée le 23 janvier dernier à Berlin, qui regroupe 18 entreprises industrielles sous l’égide de l’Allemand Siemens AG, dans le but de développer une plateforme commune de gestion sécurisée des données connectées, qui lui servira de base pour optimiser ses propres outils logiciel 4.0 au service de ses clients.

Centre d’usinage Evolution 7405, Holz-Her.

 

Placage de chants : une optimisation des process

Territoire d’innovation de ces dernières années, le placage de chant continue d’être un sujet d’amélioration pour les fabricants, qui semblent avoir tourné la page du laser pour proposer des procédés plus simples et moins coûteux à l’achat et à l’entretien…

 

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