Cauval : 4 offres se détachent, le récapitulatif

Les candidats avaient jusqu’à ce mercredi 11 mai, à minuit, pour améliorer leurs offres respectives. Des neuf acteurs qui avaient déposé un premier projet le 4 avril dernier, à savoir Steinhoff, Verdoso, Perceva, Aquinos, PEG, Finadorm, Matfa, Arcole et Hilding Anders, il ne reste que les 4 premiers. Nous livrons ici un récapitulatif de leurs offres respectives, avec les données les plus récentes que nous avons en notre possession. Rappelons que le groupe Cauval emploie 1 661 salariés en France, et y possède 8 sites de production.

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CAUVAL DES OFFRES DE REPRISES

Pour chacun des repreneurs, les données chiffrées (concernant notamment le nombre d’emplois et de sites sauvegardés) sont donc les plus récentes officiellement diffusées par leur soin : concernant Perceva et Aquinos, ce sont les chiffres définitifs, livrés ce mercredi 11 mai.

 

Une reprise partielle de Cauval, 3 totales

  • Dans son dernier communiqué officiel datant du 19 avril il n’a pas livré d’autres informations depuis Steinhoff annonçait une offre améliorée pour la reprise de « la quasi-totalité de l’activité literie » du Groupe Cauval… qui ne concerne pourtant que 5 sites (Saint-Amand, Limay / Mantes, Mer, Fougères, Reichshoffen) et leurs 971 salariés. Le projet a toutefois été revu à la hausse puisque, dans un premier temps, le groupe sud-africain n’envisageait de reprendre que 3 sites… mais celui de Bar-sur-Aube, historique et crucial puisqu’il fait travailler à lui seul près de 440 personnes, n’a pas été inclus, pour autant, dans ce second jet. Steinhoff précisait juste souhaiter « assister du mieux possible » la « reconversion industrielle » de ce site, « y compris en soutenant financièrement des projets de reconversion qui pourraient être proposés par d’autres repreneurs ». Autre élément de l’offre Steinhoff : Alexande Nodale, PDG du groupe Conforama et pilote de cette opération avec les équipes manufacturing du groupe sud-africain, annonçait par ailleurs la création de 300 postes supplémentaires « à horizon 2020 ». Côté financement, Steinhoff annonce vouloir prendre en charge « intégralement cette opération sur ses fonds propres dès la reprise », avec un projet qu’il évalue à 76,2 M€ : cela se traduirait par un apport en capital de 67 M€, « au plus tard le 13 mai 2016 », et par un paiement de 9,2 M€ qu’il apporterait à la procédure collective. A la différence des 3 autres candidats, une épineuse question subsiste si cette offre de Steinhoff venait à être retenue par le tribunal, évidemment amenée par le fait que le groupe sud-africain est propriétaire de Conforama : on imagine en effet difficilement les distributeurs de literie français qu’ils soient acteurs de la grande distribution ameublement, comme But, ou des réseaux nationaux s’approvisionner chez leur concurrent… « C’est vraiment délicat, car dans ce cas, ces circuits pourraient choisir, pour pallier cela, d’aller chercher des produits à l’étranger, ce qui serait terrible pour l’industrie de la literie française, qui est encore l’une des seules, dans le meuble, à bien se porter » souligne un professionnel du secteur. Steinhoff se défend en précisant que s’il a, en effet, la volonté d’atteler un outil de production au plus près de son réseau de distribution cela dans une logique d’intégration verticale il veillera à ce que cet outil « puisse réaliser plus de la moitié de son activité auprès de clients extérieurs au Groupe ».
    • Autre industriel du secteur à se maintenir dans cette course, le Portugais Aquinos, qui, début mai, nous a ouvert les portes de ses usines situées à 130 kilomètres au Sud de Porto.
      En immersion chez Aquinos 

      L’offre, cette fois, est globale comme celles des 2 autres repreneurs dont les noms suivent ci-dessous avec, d’après les derniers réajustements livrés le 4 mai, la reprise des 8 sites (Saint-Amand, Limay / Mantes, Mer, Fougères, Reichshoffen, Bar-sur-Aube, Le Coteau, Thizy-les-Bourgs) à cela près que celui de Mantes serait ensuite libéré en 2017 : jugé trop vétuste, il pourrait voir ses activités transférées ailleurs. Aquinos reprendrait ainsi 1 450 emplois (soit environ 270 de plus que ce qu’il avait annoncé initialement). Le Groupe Portugais, qui réalise aujourd’hui 113 M€ de CA (dont 38 % générés par Ikea), et qui prévoit de nouveau près de 40 % de croissance en 2016, envisage d’investir, si son offre venait à être sélectionnée, 30 M€ en capital et quasi-capital ; il annonce avoir par ailleurs obtenu une ligne de crédit (factor) de 65 M€ « qui sera mise à disposition de Cauval ». Les droits afférents aux marques françaises seront logés au niveau des sociétés d’exploitation en France. Par ailleurs, Aquinos dit vouloir « préserver les emplois des filiales étrangères dont les titres de participation seront repris », notamment Simmons Bedding (UK) et Dunlopillo GmbH (Allemagne). Et concernant la licence Simmons qui, rappelons-le, semblait compromise par l’Américain qui la détient le fabricant portugais annonce que ce dernier « a pris l’engagement de poursuivre et développer ces licences » si Aquinos venait à être choisi comme repreneur : « Un courrier de Simmons a été produit dans l’offre, qui stipule que nous sommes le partenaire industriel et commercial qui a sa préférence » précise même le groupe portugais.

      GROUPE CAUVAL : L’ACCORD DE LICENCE SIMMONS DÉNONCÉ ?

      Aux syndicats de Cauval, dont l’une des craintes, face à ce potentiel repreneur étranger, est celle de la délocalisation, Carlos Aquino répond que si les pays à faible coût de main-d’œuvre, comme le Portugal, sont effectivement plus adaptés à une fabrication de produits destinés au marché de l’entrée / moyen de gamme (comme la sienne), la production de literies et sièges plus hauts en gamme peut totalement supporter le coût des salaires français. Les produits Cauval complèteraient idéalement, en effet, les activités existantes d’Aquinos, en étendant son positionnement sur tous les quartiles. Le savoir-faire et la fabrication française dont bénéficient les literies et sièges de Cauval seraient par ailleurs particulièrement exploités pour développer l’exportation de ces produits, chose que le litier français n’avait pas encore vraiment approfondie jusqu’alors.

    • Outre ces fabricants de meubles, la société d’investissement Perceva est aussi un candidat qui se dégage. Ayant pour associés 2 anciens cadres de Cauval Alain Boussuge et François Duparc elle annonce, à date du 11 mai, reprendre l’ensemble des 8 sites de production, et un total de 1 445 emplois, soit environ 36 de plus que ce qu’elle avait annoncé 2 jours auparavant (c’est le site de Diva situé à Thizy, dans la Loire, qui serait le moins favorisé sur ce plan). 70 M€ doivent être investis, dont 40 M€ issus de fonds propres. Jean-Louis Grevet, président de Perceva, tient à insister, dans la défense de son projet, sur la pérennité de l’accompagnement envisagé pour Cauval – comme la société a l’habitude de le faire qui devrait s’étendre sur plusieurs années : « Notre métier consiste à consacrer des moyens financiers à long terme, au bénéfice de sociétés françaises leaders ou acteurs de référence sur leur marché, et qui ont besoin de 7 à 10 ans pour se redéployer sereinement » nous déclarait l’un des porte-parole de Perceva il y a quelques semaines.
OFFRE PERCEVA POUR LA REPRISE DE CAUVAL « UNE TOTALE COMPLÉMENTARITÉ »
  • Enfin, la holding Verdoso, fondée par Franck Ullmann actionnaire minoritaire du Groupe Cauval, et auparavant associé de Gilles Silberman et Gilbert Wahnich avance, au 10 mai, la préservation de 1 244 emplois : un nombre qui devait encore être ajusté favorablement à la hausse ce mercredi 11 mai.

 

Les enjeux

Quel que soit le verdict final attendu, rappelons-le, pour mardi 17 mai, même si le tribunal de Meaux pourrait prendre quelques jours de plus étant donné la complexité et l’enjeu du dossier le repreneur devra, dans l’immédiat, assurer l’approvisionnement des matières premières pour permettre aux sites de retrouver un rythme de production adapté à la forte saison qui s’annonce – traditionnellement dès le mois de juin – pour le secteur de la literie… L’exécution des commandes en attentes est aussi primordiale, bien évidemment, pour rassurer les clients. Par la suite, les chantiers ne manqueront pas : la vétusté de certains sites notamment celui de Bar-sur-Aube nécessitera à coup sûr d’importants investissements industriels ; la communication reste également un enjeu.

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