HOME OFFICE : UN MARCHE EN MUTATION

Le développement du télétravail génère de nouveaux besoins pour tous ceux qui exercent leur activité professionnelle depuis leur domicile. En réponse à cette tendance, les fabricants ont imaginé de nouvelles typologies de produits – bureaux qui tendent vers une version « light », insonorisés, tablettes, pupitre, assises pour postures informelles – en insistant sur la nécessité de disposer d’un siège ergonomique. Ces nouveautés, qui intègrent les codes du mobilier domestique, brouillent un peu plus les frontières entre l’univers du bureau et celui de l’habitat.

HOME OFFICE

 

 

Le « home office », ou travail à domicile, se développe actuellement sous l’effet de plusieurs facteurs. Sur le plan technologique, le développement rapide des nouveaux outils numériques et surtout nomades – ordinateurs portables, tablettes, smartphones… – fait que l’on peut aujourd’hui quasiment « emporter son bureau avec soi », et travailler à peu près partout où on se trouve. Ces équipements ne cessent de se perfectionner, avec notamment une fonction visioconférence, qui permet d’échanger en direct avec ses collaborateurs, partenaires ou clients, même en étant géographiquement éloignés. D’autre part, le télétravail est un moyen pour les entreprises de réduire leurs coûts immobiliers, en transférant une partie de leurs surfaces de bureaux au domicile de leurs collaborateurs, tout en optimisant leur emploi du temps, en leur évitant le temps de transport par exemple… Pour les entreprises, le développement du home office correspond donc à un objectif de développement durable, l’employeur, le salarié et l’environnement, tout le monde y gagne.
Le travail à domicile recouvre cependant des réalités bien différentes, en fonction du profil HOME OFFICEdu télétravailleur : « En schématisant un peu les choses, on pourrait dire qu’il y a d’un côté des utilisateurs qui travaillent en permanence chez eux, et qui ont besoin d’un poste de travail équivalent à celui qu’on trouve dans une entreprise, et de l’autre des gens qui ont besoin d’un coin bureau, situé dans le salon ou la chambre, qu’ils utiliseront à temps partiel ou ponctuellement et de façon plus ou moins informelle », résume Daniel Torre, directeur général de Gautier Office. Entre les deux, il existe toute une graduation de situations – travail à temps partiel, ou à temps partagé entre l’entreprise et le domicile, statut d’auto-entrepreneur… – auxquelles correspond un bureau avec des fonctionnalités et des exigences différentes.

HOME OFFICE

 

 

TRANSPORTER SON BUREAU A DOMICILE

Pour les fabricants de bureau qui travaillent essentiellement en B to B, en charge de meubler les espaces tertiaires des entreprises, cette évolution n’est pas neutre. « Nous savons qu’une partie des bureaux que nous vendons aux entreprises sont destinés à être installés au domicile de certains de leurs collaborateurs, déclare Elisabeth Duval, responsable marketing, sièges & solutions chez Majencia. Certaines entreprises les stockent sous forme de pack pour pouvoir ensuite les attribuer aux salariés qui passent en télétravail. » De façon générale, on peut dire que les évolutions et innovations qui touchent les bureaux professionnels sont les bienvenues dans le home office. Par exemple, du fait de la miniaturisation des outils informatiques et du stockage croissant des documents sous forme numérique, la taille des meubles, qu’il s’agisse des plateaux de bureaux ou des rangements, a tendance à se réduire, et leur conception à se simplifier. « Cette tendance est d’autant plus vraie en home office, où les particuliers ont moins d’espace à consacrer à leur bureau qu’en entreprise, ajoute Elisabeth Duval (Majencia). Nous constatons une demande en bureaux de 120 cm, parallèlement au format standard de 160 cm, et nous avons conçu des produits plus simples à monter avec un outil unique pour que les télétravailleurs puissent le faire eux-mêmes. »

HOME OFFICE

 

Pour répondre à cette optimisation de l’espace, les fabricants ont aussi imaginé, à l’instar de Steelcase, des rangements ergonomiques modulaires, que l’on peut accrocher à un rail, situé au dessus ou au-dessous du poste de travail. Autre exemple, les panneaux isolants sur le plan acoustique, conçus au départ pour lutter contre les nuisances des bureaux en open space, trouvent aussi toute leur justification en home office : un bureau isolé permet de s’abstraire du bruit du reste de l’habitat, et de préserver la confidentialité des conversations. On constate aussi, depuis quelques années, que les bureaux professionnels adoptent de plus en plus les codes de l’habitat – présence de parties de meubles en bois, façades couleurs ou décoratives, ajout d’éléments textiles… – en réponse à la volonté des entreprises de créer plus de chaleur et plus de convivialité dans leurs locaux. « Il y a une forte interférence entre le bureau et l’habitat, nous constatons que notre cœur de clientèle, les PME et PMI de 0 à 50 salariés, veulent des produits qui s’inspirent des codes de l’habitat, ajoute Daniel Torre (Gautier Office). C’est ce qui nous a amenés à nous rapprocher des tendances développées dans les collections Gautier pour l’habitat, en conservant des matériaux techniques propres au bureau, comme de la mélamine et du métal. »

HOME OFFICE

 

UNE EXIGENCE ERGONOMIQUE IDENTIQUE

Cependant, les fabricants mettent en garde sur la nécessité de respecter des impératifs ergonomiques pour les postes de travail en home office, en particulier pour une utilisation permanente. « Nous préconisons que le poste soit équipé d’un siège de bureau de préférence sur roulettes, avec un réglage en hauteur, pour s’adapter à l’utilisateur, déclare Claudine Steca, expert en mobilier chez Steelcase. Cet équipement est essentiel pour la prévention des troubles musculo-squelettiques, en premier lieu le mal de dos. » Le fabricant s’applique d’ailleurs cette règle à lui-même, puisque tous les postes de ses collaborateurs qui travaillent à domicile font l’objet d’une charte, qui en définit les caractéristiques, de la qualité de l’assise au réseau Internet, du niveau sonore à l’éclairement, un chemin que suivent un nombre croissant d’entreprises.
Une préoccupation partagée chez Vitra : « En home office, nous constatons que les gens peuvent travailler sur différentes typologies de bureau – bureau objet comme le Compas de Jean Prouvé, ou petite table d’appoint comme les modèles d’Alvar Aalto pour Artech, voire la table de salle à manger – ce qui est relativement indifférent, déclare Isabelle de Pontfilly, HOME OFFICEdirectrice de la filiale française. Il est impératif en revanche d’avoir un siège ergonomique, avec une esthétique plutôt habitat comme L’Aluminium Group (Eames), ou plus professionnelle comme le fauteuil Allstar (Konstantin Grcic) ». Les fabricants de sièges de bureaux surfent sur cette tendance, en proposant des modèles « intuitifs », c’est-à-dire qui se règlent automatiquement à utilisateur. Cette exigence d’ergonomie se traduit aussi de plus en plus par des postes de travail permettant de travailler alternativement en position debout ou assis, ce qui est excellent pour la circulation sanguine, et la prévention de certaines pathologies, tout en stimulant l’activité intellectuelle. « Tout le monde s’accorde sur l’utilité d’avoir un plateau réglable en hauteur, ce que nous proposons dans notre nouvelle collection, ajoute Daniel Torre (Gautier Office). Mais aussi bien les entreprises que les particuliers, qui veulent maîtriser leurs dépenses, hésitent à acquérir cette fonctionnalité qui renchérit le coût du bureau. »

 

 

Ne manquez aucune info du secteur
Abonnez-vous à notre newsletter !

* champs obligatoire