Philippe Hurel : entre industrie et artisanat d’art

Cultiver son territoire de marque, et fabriquer en France dans le respect des règles de l’art, sont les deux préceptes qui ont donné à Philippe Hurel son positionnement à part dans le monde de la décoration internationale.

Maxime et Philippe Hurel

 

Nichée dans un petit village de Normandie, la Fabrique de meubles de Coulombs (Eure-et-Loir), où sont produits les meubles Philippe Hurel, ressemble à un décor de carte postale. Créée en 1911 par le grand-père et arrière-grand-père des actuels dirigeants Maxime et Philippe Hurel, l’entreprise a longtemps fabriqué du mobilier de style historique, de la « copie d’ancien » comme on disait alors, qui a été à la mode une grande partie du XXe siècle. Au moment de reprendre l’entreprise familiale, en 1968, Philippe Hurel revient des Etats-Unis avec une foule d’idées nouvelles. Ce sera le grand tournant : pour répondre aux aspirations d’une société nouvelle, l’entreprise se tourne vers le mobilier contemporain, et fabrique des pièces dessinées par Jean-Michel Wilmotte, Jacques Grange, et réalise les premières collections de Christian Liaigre… A partir de 1989, c’est un nouveau changement de cap : Philippe Hurel crée son univers en dessinant ses meubles et en signant ses propres collections, imprimant ainsi à la marque une identité forte qui lui donne, près de trente ans plus tard, un territoire à part dans la décoration internationale. Définir le style Philippe Hurel n’est pas facile : il s’agit d’un mobilier contemporain et créatif, imprégné d’art déco complété par diverses influences, dont celle(s) des années 1970, toujours fidèle aux belles matières et aux règles de l’art de l’ébénisterie. Les placages de bois européens ou exotiques côtoient les bois nobles massifs, le bronze, l’albâtre, la peausserie et le gainage… Dernière évolution en date, celui qui a réuni les fonctions de designer, éditeur et fabricant vient de passer la main à son fils Maxime Hurel, président de l’entreprise depuis 2016.

Atelier de placage

 

Une fabrication rationnalisée

Pour mener à bien son projet d’entreprise, Philippe Hurel a toujours considéré qu’il fallait fabriquer en France. A l’inverse du grand mouvement de délocalisation des années 1990 et 2000, il choisit d’investir dans la fabrique de Coulombs, et construit en 2006 les nouveaux ateliers où travaillent aujourd’hui une petite trentaine de salariés. La production se fait selon un process « semi-industriel », qui inclut la commande unique (contremarque, souvent sur-mesure) et les commandes regroupées qui permettent d’optimiser le prix de revient en fabricant par petites séries. Les méthodes artisanales perdurent. Ainsi, l’entreprise n’utilise pas de panneaux pré-plaqués, mais réalise elle-même ses placages et marqueteries, sur panneaux lattés, alvéolaires ou médium, à partir de centaines d’essences européennes ou exotiques sélectionnées, dont une vingtaine sont communément utilisées. Il en est de même pour le bois massif : la fabrique ne transforme que du chêne et du hêtre français sélectionnés, qui feront l’objet d’assemblages traditionnels, garants de la pérennité du produit…

 

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