LECTRA EVENT 2016 : POUR SORTIR DU LOT

Analyses du marché, exposés techniques, ateliers pratiques, témoignages de clients… Pour son séminaire annuel consacré à l’ameublement, Lectra avait concocté un menu consistant dans un seul but : mettre en évidence les atouts de ses solutions intégrées de découpe du tissu et du cuir, pour permettre à ses clients de relever les défis de la compétitivité dans l’ère du digital qui s’annonce… le tout sous le mot d’ordre « stand out from the crowd », autrement dit « sortir du lot ».

 

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Pour son séminaire annuel consacré à l’ameublement – le Lectra Event – Lectra a réuni les 8 et 9 novembre dernier, sur son campus technologique de Bordeaux-Cestas, quelque 90 fabricants de meubles rembourrés en provenance de 16 pays des différents continents. Pour le leader mondial des solutions technologiques intégrées pour les industries utilisatrices de tissus, cuir, textiles techniques et matériaux composites, l’objectif de ces deux jours était clair : « Les évolutions du marché s’accélèrent et la compétition est de plus en plus vive à l’échelle mondiale, a déclaré Edouard Macquin, le directeur des ventes de l’entreprise. Notre objectif est de présenter nos solutions technologiques pour aider nos clients à devenir plus compétitifs, pour relever les nouveaux défis, en prenant de l’avance sur leurs concurrents. » Il a tout d’abord rappelé que Lectra est un pourvoyeur de technologies avancées, et de services associés, mais aussi un expert du marché, qui accompagne les entreprises dans leur mutation technologique. Avec une forte culture de l’innovation : Lectra investit 9 % de son chiffre d’affaires – 238 millions d’euros en 2015 – en Recherche & Développement, ce qui représente 185 millions d’euros en 10 ans, et emploie 265 ingénieurs. Par choix stratégique, la totalité de la fabrication des machines et logiciels est réalisée, par assemblage des différents composants à la manière d’un constructeur automobile, en France.

Pour Edouard Macquin, le marché est aujourd’hui traversé par quatre tendances majeures, à commencer par la montée des « Millennials » –  ou « génération Y », les individus nés entre 1980 et 2000 – qui veulent de la personnalisation, de la qualité, de l’environnement, et être livrés rapidement mais qui ne sont pas prêts à payer pour cela... Le second phénomène est la digitalisation, qui rebat les cartes de la commercialisation, et le troisième est celui de l’industrie 4.0, qui génère une connexion croissante des process, de la conception à la fabrication, pour produire de la grande série à l’unité, en alliant qualité et agilité. Enfin, l’intervenant a évoqué en quatrième thème la Chine, elle aussi en pleine mutation : « Nous voyons naître une nouvelle Chine, qui a de moins en moins l’avantage des bas coûts de fabrication, et dont les exportations stagnent. Ce pays immense est en train de devenir un marché domestique, qui monte en gamme et développe des services, un enjeu majeur pour les industriels du monde entier. »

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Les nouveaux défis des industriels du siège

Au programme de ce Lectra Event 2016, différentes communications d’experts - Comment le développement durable impacte les comportements d’achats, par Pierre Villeneuve, créateur du cabinet Xlab et ancien chef de la satisfaction clients chez Ikea, Les tendances de la décoration automne 2017 – hiver 2018, par Cécile Rosenstrauch, directrice de création à l’agence de style Peclers Paris… – ont permis de mieux cerner les tendances du marché. Pour se rapprocher des problématiques des fabricants de sièges, Ketty Le Henaff-Pillet, responsable marketing chez Lectra, a restitué les résultats de l’étude réalisée par le cabinet milanais CSIL, en partenariat avec Lectra, sur le marché mondial du siège rembourré, portant sur 6 000 sociétés dans 70 pays. Elle nous apprend que la consommation mondiale de sièges rembourrés s’élève à 63 milliards de dollars (+ 16 % depuis 2010), les cinq pays de tête étant la Chine (30 %, + 5,6 % par an), les Etats-Unis (23 %, + 3 % par an), suivis de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne (tous les deux 5 %, + 1 % par an) et de l’Inde (4 %, + 5,6 % par an). D’autre part, quatre facteurs tirent la consommation : les tendances, la technologie, les « Milennials » et le digital. Du côté des pays producteurs, la Chine occupe le premier rang, avec 47 % de la production mondiale (+ 69 % entre 2010 et 2015), suivie des Etats-Unis (14 % et + 18 %), de la zone Asie Pacifique (9 %), puis des pays européens : la Pologne (5 %, et + 11 % entre 2010 et 2015), suivie de l’Allemagne et de l’Italie (3 % chacune, avec un recul de 19 et 20 % sur la même période), et le Royaume-Uni (3 %, mais avec une hausse de la fabrication de 9 % entre 2010 et 2015). Dans les trois zones géographiques leaders – Asie, Etats-Unis, Europe – l’étude a identifié quatre défis principaux, qui sont la pénurie de main d’œuvre qualifiée, des livraisons plus rapides, une concurrence croissante et une pression sur les prix. Ce qui se traduit pour les fabricants par trois objectifs : rechercher plus d’efficacité, augmenter ses marges et réduire le temps de mise sur marché (« time to market »), mais avec des priorités différentes selon les zones géographiques. Par exemple, en Europe de l’Est, les priorités sont d’augmenter l’efficacité de la production et d’élever de niveau technique des solutions de coupe, tandis qu’en Europe de l’Ouest, on mise davantage sur l’accroissement des marges, le design et le développement produits.

 

 

Un pourvoyeur de solutions intégrées

Quoi qu’il en soit, l’étude montre que la technologie est un facteur clé de succès pour près de 90 % des entreprises interrogées, avec des avancements très différents selon les zones géographiques. Par exemple, les entreprises équipées d’une solution de découpe à commande numérique sont 33 %
en Europe de l’Ouest, mais 46 % en Europe de l’Est. De même, 14 % des entreprises d’Europe de l’Ouest sont équipées d’une solution de prototypage digitale, contre 22 % en Europe de l’Est. Pour Lectra, il ne fait pas de doute que ses solutions technologiques sont le meilleur moyen de relever les défis mis à jour par l’étude du CSIL, comme l’ont montré les différents ateliers proposés pendant les deux journées. C’est ainsi que le prototypage virtuel – à l’aide du Design Project Software –grâce auquel on peut concevoir chaque étape du canapé, de la carcasse à la garniture jusqu’au revêtement, permet de travailler en réseau, en libérant toute la créativité, de prévenir toute erreur de conception, et de calculer avec précision le coût du produit avant même son industrialisation. En donnant une idée extrêmement réaliste du futur produit, le logiciel évite toute déception ultérieure, et autorise toutes les corrections en cours de processus, tout en limitant le nombre de prototypes réels à un seul, pour une réduction du fameux « time to market ». En aval, les machines de découpe automatique génèrent une haute qualité de coupe, et surtout une optimisation de la matière tout en gagnant du temps, avec notamment le logiciel Diamino associé à la machine Vector, qui permet d’optimiser l’utilisation du tissu, d’harmoniser les motifs d’un tissu sur l’ensemble des pièces du canapé, et de découper l’ensemble du produit six fois plus vite que manuellement, en éliminant quasiment tout risque d’erreur. Avec la solution de découpe intégrée du cuir Versalis, ce matériau de plus en plus cher est optimisé par un logiciel de nesting qui détermine le meilleur plan de coupe avec un minimum de chutes, après avoir éliminé les défauts naturels du matériau par simple marquage au stylo laser. Les trois défis du time to market, de la qualité de coupe et de l’économie de matière trouvent ainsi leur solution. Lectra ne s’arrête pas pour autant de perfectionner ses solutions : comme l’a montré Mathieu Bonenfant, chef de produit Lectra, l’entreprise travaille à l’intégration de la conception en 3D, de l’Internet des objets, de l’intelligence des données, de l’expérience de l’utilisateur et du cloud, dans un outil de production global, réactif et agile, pour accompagner ses clients vers l’industrie 4.0.

 

La parole aux fabricants

Enfin, Lectra a aussi donné la parole à ses clients, afin qu’ils témoignent des progrès réalisés grâce à ses solutions. Le premier d’entre eux n’était pas le moins prestigieux, puisqu’il s’agit de l’éditeur de design B & B Italia, qui n’était pas satisfait par ses process de fabrication antérieurs :
« Notre vision consiste à fabriquer un produit de haute qualité, avec un contenu design, le tout dans une approche industrielle, a expliqué Federico Busnelli, le directeur de l’usine. Les problèmes que nous avions étaient liés au temps de développement d’une à deux années pour nos produits, avec le risque qu’ils soient dépassés à leur sortie, et une baisse de productivité liée à une consommation excessive de cuir. » Pour y remédier, l’entreprise a acquis un système Versalis avec une solution automatique de nesting, qui a profondément changé la culture de la découpe, et créé selon le dirigeant un « nouvel enthousiasme ». Le second fabricant à prendre la parole était l’un des plus gros industriels européens du siège, l’Allemand Polipol (5000 salariés), détenteur entre autres de la marque de relaxation Hukla. « Les solutions de découpe Lectra pour le cuir nous donnent une vue globale sur notre production en temps réel, a expliqué son PDG Peter Jürgens. Nous pouvons ainsi évaluer les peaux très tôt dans le process et, comme tous les systèmes échangent en ligne, nous pouvons contrôler leur découpe : si on marque trop de défauts, nous avons un problème de coût, et si on n’en marque pas assez, nous avons un problème de qualité. » Enfin, pour le Polonais DFM (1100 salariés), la problématique était tout simplement d’éliminer la découpe manuelle :
« Etant donné le prix croissant du cuir, et les tensions sur les livraisons, qui ont réduit le temps de fabrication, la découpe manuelle trop lente et trop imprécise s’est retrouvée hors jeu, a déclaré son directeur général
Krzysztof Szlachtowicz. Grâce à nos deux machines Versalis, nous avons amélioré notre qualité, réduit nos coûts matière de 5 %, et modernisé l’ensemble du process. » Trois fabricants visiblement satisfaits d’être « sortis du lot ».

 

[F.S.]

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