Lutz en « néggiciations exclusives » pour racheter BUT

Le rachat de But par la famille Seifert, propriétaire de XXXLutz, est en passe de se concrétiser. Le 29 juin dernier, le fonds britannique CD&R a en effet déclaré être entré « en négociations exclusives » pour le finaliser, aux côtés du groupe autrichien. Cette opération, qui pourrait intervenir au second semestre de cette année, confirme l’intégration croissante du marché français de l’ameublement au sein d’un marché européen, où plusieurs acteurs de dimension internationale s’affrontent depuis quelques années déjà.

 

Un redressement du marche du meuble français profitable

Il était donné comme acquis par la rumeur et à plusieurs reprises au cours des dernières années ;
les « bruits » s’étaient intensifiés, notamment début février dernier : But était sur le point de lancer un processus de vente formel, profitant du redressement du marché du meuble français. Trois ou quatre candidats étaient alors évoqués comme acheteurs potentiels, parmi lesquels le Sud-Africain Steinhoff et l’Autrichien XXXLutz… Il y a quelques jours, mercredi 29 juin, c’est WM Holding, le véhicule d’investissement du second, ainsi que le fonds britannique Clayton, Dubilier & Rice, qui ont finalement annoncé être entrés en « négociations exclusives » pour ce rachat.

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« Nous espérons pouvoir nouer un partenariat stratégique avec Lutz [...] et faire franchir au groupe une nouvelle étape de croissance rentable » avançait un associé de CD&R dans un communiqué. Dans le même temps, Frank Maassen, PDG de But, déclarait à l’AFP avoir reçu « une offre ferme et irrévocable », précisant que l’opération, menée à la suite d’enchères, « pourrait aboutir à l’automne 2016 ». Même si son montant est encore inconnu, cette transaction valoriserait l’enseigne actuellement détenue par les fonds d’investissement Colony Capital (45 %), Goldman Sachs (45 %) et OpCapita (10 %) aux alentours de 525 millions d’euros.

 

XXXLutz rattraperait du retard face à Steinhoff…

Ce rachat confirme l’intégration croissante du marché français de l’ameublement au sein d’un marché européen, où plusieurs acteurs de dimension internationale s’affrontent depuis quelques années déjà… Avec un CA total estimé à 4 milliards d’euros, le groupe autrichien XXXLutz Gruppe était jusqu’à présent le quatrième distributeur européen derrière Ikea (22,98 Mds€), Steinhoff (6,55 Mds€), et Home Retail Group (4,25 Mds€).
En ajoutant à son escarcelle l’enseigne But, ses 300 magasins et son 1,7 Md€ de CA, XXXLutz Gruppe remonte donc d’une place dans ce classement européen, comblant ainsi une partie du retard accumulé au cours des dernières années sur son rival historique Steinhoff, sans toutefois talonner ce dernier.

 

… En s'implantant en europe de l'ouest

Depuis son siège de Wels en Haute-Autriche, le groupe dirigé par les frères Seifert exploiterait donc désormais près de 540 magasins répartis, sous diverses enseignes, dans une petite quinzaine de pays européens.
Célèbre pour l’immense chaise rouge dominant les parkings de ces points de vente, sa principale enseigne XXXLutz est présente en Autriche (45 magasins), en Allemagne (12 magasins), en Suède (un magasin et en Tchéquie (un magasin). Alliée à une douzaine d’enseignes locales notoires auxquelles ont été accolées les lettres XXXL, elle a également renforcé sa présence en Allemagne d’une vingtaine de points de vente importants au cours des dernières années. (XXXLNeubert, XXXLHiendt, XXXLKrantz, XXXL- Kröger, XXXLRück, XXXLSonneborn, XXXLZimmerman…) Le groupe autrichien exploite en par ailleurs 53 magasins sous l’enseigne Mömax principalement en Autriche, Allemagne et Hongrie, ainsi que 52 points de vente Möbelix en Autriche, Tchéquie, Slovénie, Hongrie et Bosnie Herzégovine.

BIENS DE CONSOMMATION : UN DÉBUT D’ANNÉE PERFORMANT

En Europe de l’Est, le groupe autrichien est également présent en Bulgarie (7 magasins AIKO et MOBO) ainsi que dans plusieurs pays balkaniques avec 18 magasins à l’enseigne XXXLesnina.
Le rachat de But constitue donc la première implantation en Europe de l’Ouest du groupe, jusqu’à présent uniquement actif en Europe centrale et de l’Est. Elle renforce ainsi incontestablement sa dimension européenne. Mais la famille Seifert ne contrôle pas que des magasins et sites de vente en ligne d’ameublement.Après avoir quitté la centrale d’achat allemande Begros en janvier 2014, elle a en effet créé une nouvelle centrale baptisée Giga X. Basée à Würzburg, cette dernière réalisait, selon nos dernières informations, un CA d’un peu plus de 3,5 Mds€, en rassemblant non seulement une grande part des activités du groupe autrichien, mais également celles d’autres distributeurs de meubles principalement allemands. Dans une récente interview accordée à nos confrères de Möbelmarkt, le directeur général de Giga X a précisé sa stratégie visant à concevoir et élaborer des produits diffusés sous des marques propres dédiées aux principaux segments du marché.

 

BUT : des PDM en croissance régulière

Le redressement du marché du meuble, constaté en 2015 avec une année dans le vert, et la croissance régulière des parts de marché de But (11,3 %, 12,4 % et 13,1 % respectivement sur 2013, 2014 et 2015) aura très certainement conforté l’enseigne, qui cherchait donc un acquéreur depuis plusieurs années, à saisir l’occasion. Se déployant à travers 300 magasins sur différents formats (classique, Cosy, résultant de la transformation des Sésame et Maga, et City), But a dévoilé un nouveau concept fin 2014 à Nancy, pensé pour optimiser l’expérience client : celui-ci est voué à se décliner sur les points de vente au format classique. « Nous misons sur la proximité, avec notre réseau important : la diversité de nos formats est un atout certain, en ce sens où nous pouvons nous implanter dans plusieurs types d’endroits, avec moins de limites en termes de développement, nous déclarait Frank Maassen, l’année dernière. L’excellente mixité produits et la largeur de notre offre, qui comprend près de la moitié de produits français, sont également des atouts ». Une stratégie cross canal et un schéma logistique déployés s’avèrent aussi porteurs : l’enseigne a annoncé une croissance supérieure à + 25 % de ses ventes en ligne en 2015.

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Au cours de l’année dernière, son développement a par ailleurs été accompagné par l’ouverture d’une quatrième plateforme logistique (à Chaponnay, dans le Rhône) destinée à renforcer encore sa disponibilité produits, et être toujours plus réactive et au plus proche de ses clients.
Le rachat par Lutz optimisera encore le fonctionnement de l’enseigne, comme l’explique Frank Maassen : « Ce groupe autrichien est très puissant : il va nous apporter ses compétences, notamment en matière de meubles et de décoration. L’opération génèrera des synergies importantes bénéfiques aux deux parties, via des échanges de bonnes pratiques, de produits, des négociations communes avec nos fournisseurs. Cette alliance va nous permettre de renforcer notre puissance opérationnelle, notamment pour être davantage réactifs face à la concurrence d’acteurs puissants comme Amazon. » Le management de But devrait être inchangé, avec Frank Maassen toujours à sa tête. Le Courrier ne manquera pas de revenir sur cette actualité importante, qui sera également l’occasion de proposer, très prochainement, un vaste panorama actualisé de la distribution européenne d’ameublement. •

 

 

 

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