Marché du meuble : résultats du 1er semestre

Même si son repli a été moins marqué qu’en 2013, le marché du meuble, à – 2,5 % sur ce premier semestre, a observé une baisse continuelle depuis janvier : face à cela, les acteurs de la profession interpellent les pouvoirs publics pour relancer la consommation.

Résultats 1er semestre

Face au contexte de l’immobilier, notamment, qui connaît une évolution négative à 2 chiffres depuis 2 ans, les résultats du meuble enregistrés sur ce premier semestre 2014 auraient pu être pires : c’est ce qu’a fait remarquer Christophe Gazel lors de la conférence de presse organisée la semaine dernière à Paris avec l’Unifa et la Fnaem pour livrer aux journalistes les dernières données de la filière. Entre janvier et juin 2014, les ventes de meubles dans l’hexagone ont donc baissé de 2,5 % à surface évolutive et euros courants (aux alentours de – 4,5 ou – 5 % à surface constante) : « Nous nous en sortons plutôt pas mal étant donné le contexte, souligne le directeur général de l’Ipea. Ces chiffres montrent tout de même la capacité qu’a notre marché à se battre… Chacun fait des efforts, et cela porte ses fruits : par exemple, les cuisinistes sont parvenus à faire baisser la durée de renouvellement du produit… » D’autant que l’année dernière, sur la même période, le recul s’était porté à 3,8 %, une évolution donc plus marquée que cette année.
En revanche, la situation peut apparaître plus critique si l’on observe l’évolution de la courbe entre janvier et juin… qui n’a cessé de plonger. Les résultats intermédiaires tendent en effet à se dégrader au fil des mois : le mois de juin, privé d’un samedi par rapport à 2013 (et malgré un jour de soldes supplémentaires) enregistre un repli de 9,1 %. Evidemment, cette tendance s’inscrit dans un contexte général morose – rappelons que les ventes de meubles se sont portées à 9,27 milliards d’euros l’année dernière, une valeur inférieure à celle de 1990 où elles avaient atteint 9,63 milliards – mais avec une telle orientation de la courbe et les perspectives sur les prochains mois – poursuite de la chute des mises en chantier, consommation des ménages… - il semble difficile de tabler sur le rattrapage du retard accumulé sur ce premier semestre, et donc sur un résultat à fin 2014 supérieur à ceux des 2 années précédentes (- 2,9 % en 2013 et – 3 % en 2012). « Nous serons sûrement sur la même tendance, estime Christophe Gazel, avec un – 3 % ou même un – 4 %, mais pour cela, il va falloir se battre. Le problème, aujourd’hui – et ce phénomène a été accentué par le Web - c’est que le consommateur s’intéresse à notre produit de plus en plus lorsque le prix est barré : en témoignent les soldes de juillet, qui ont vraisemblablement été excellents… mais qui devraient être sûrement suivis d’une période beaucoup plus calme, comme c’est le cas à chaque fois ».

Légère reprise des exportations françaises

Face à ce contexte intérieur morose, la balance commerciale du secteur, elle, semble s’améliorer : « Eurostat a récemment confirmé une légère reprise des exportations françaises de meubles, avec + 2 % sur 2013, avance Jean-Marie Lacombe, et, parallèlement, une diminution des importations (- 10 %) » . Les ventes à l’étranger, notamment, augmentent significativement hors zone Europe (+ 11 %), mais fléchissent légèrement sur le Vieux continent (- 4 %), ce qui est bien évidemment dû aux conditions difficiles que connaissent les différents marchés intérieurs… « De manière générale, cette embellie des exportations résulte notamment des efforts accrus engagés par les industriels français pour rechercher de nouveaux marchés : les débouchés aux Etats-Unis ont enregistré une croissance de 57 % ! » souligne le président de l’Unifa. Pierre Roset, dirigeant de la société éponyme et également président du Groupement des Exportateurs de Meubles, illustre ces propos : « Effectivement, les USA sont très intéressants, avec des zones réparties sur tout le territoire ; en revanche, nous y avons affaire à des consommateurs très exigeants ! Le Sud-Est asiatique est également crucial : autrement dit, c’est là qu’il faut s’installer pour gagner de l’argent et voir son CA progresser à 2 chiffres… » Gautier, autre fabricant de l’hexagone connaissant du succès à l’international – 62 % de son chiffre sont actuellement générés par l’export, avec une soixantaine de pays concernés – vise de son côté vers les marchés qui n’ont pas encore atteint leur maturité… où il n’y a donc pas encore de compétition : « Nous avons ainsi une visibilité très importante tout de suite, explique le DG David Soulard. Nous allons chercher la dynamique plus loin en nous concentrant sur la classe moyenne émergente, celle qui progressera le plus dans les années qui viennent » . La marque enseigne a opéré des ouvertures récentes à Oran et Oulan-Bator, en cours à Madagascar, projets en Colombie, au Mexique, en Afrique Noire…

2 appels à l'Etat

Néanmoins, cette évolution de la balance commerciale plutôt encourageante ne doit donc pas occulter les difficultés que connaît actuellement le marché intérieur du meuble. Même si, comme tient à le rappeler Jean-Marie Lacombe, « des efforts sont actuellement faits par le Ministère de l’industrie vis-à-vis des fabricants français » et que Manuel Valls a notamment promis un plan sur la construction, le secteur du meuble, qui concerne aujourd’hui 125 000 salariés dans le pays (fabrication et distribution réunies) soit presque autant que les constructeurs PSA et Renault réunis, devrait, ne serait-ce que pour cette raison, « susciter autant d’importance auprès des pouvoirs publics » . Didier Baumgarten et Jean-Charles Vogley, respectivement président et secrétaire général de la Fnaem, ont ainsi lancé les appels de l’ensemble des acteurs de la filière à l’Etat, qui ont dégagé 2 mesures cruciales susceptibles de relancer la consommation de meubles dans le pays.
Il s’agirait, en premier lieu, d’instaurer une réduction d’impôts sur l’achat de meubles neufs, ce qui permettrait d’assurer « durablement » la compétitivité des fabricants et distributeurs français : « Les premières estimations montrent que cette mesure, mise en place chez nos voisins italiens en 2013 et pour les années suivantes, pourrait rapporter plus de 200 millions d’euros annuels au secteur » avance Didier Baumgarten.
En second lieu, les acteurs de la profession jugent qu’une autorisation temporaire de débloquer les PEL au profit du logement ou de l’ameublement serait une mesure particulièrement bénéfique : « Le négoce – nous en avons déjà parlé avec nos organismes de crédit partenaires, Sofinco et Cetelem - serait prêt à doubler la prime (sous forme de bons d’achat ou de crédit extrêmement bonifié) dégagée au moment du déblocage, ce qui ne coûterait presque rien à l’Etat » soumet le président de la Fnaem. Rappelons-nous l’explosion qu’a connu le marché concerné dans les années 1980, lorsque l’Etat a autorisé le financement des achats de cuisines intégrées par le PEL…

 

 

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