M&O : LA CREATIVITE COMME REPONSE AU MARASME PARISIEN

Dans un contexte difficile pour le tourisme d’affaires dans la capitale française, l’édition de rentrée de Maison&Objet (2 au 6 septembre à Paris Nord Villepinte) a permis aux fabricants français de meubles de mettre en avant l’aspect créatif de leurs collections.

 

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Chaise La Môme (Fermob).

Même s’il faut attendre le bilan officiel du salon (encore non publié au moment de notre bouclage) pour en avoir confirmation, l’édition de septembre de Maison&Objet ne sera certainement pas un grand cru. Aux dires des exposants que nous avons rencontré, les deux premières journées ont été particulièrement calmes, un début décevant qui a été en partie compensé par un dimanche en demi-teinte, et une très bonne fin de salon les lundi et mardi : « Le vendredi et le samedi n’ont pas été aussi faibles depuis des années, déclare ainsi Christophe Galea, dirigeant de l’entreprise de meubles de complément contemporain Galea Prestige, qui exposait dans le 5B. En revanche, les visiteurs qui sont venus avaient une ferme intention d’acheter. » Un mauvais début compensé par les derniers jours : « Le vendredi et le samedi, nous avons vu quelques clients du contract, le dimanche a été calme, mais nous avons très bien travaillé le lundi et la mardi matin », affirme par exemple Philippe Raimbaud, directeur commercial du fabricant de mobilier métallique iResistub. Le second constat partagé est celui d’une fréquentation étrangère en berne, avec quelques visiteurs des pays limitrophes, mais beaucoup moins d’acheteurs du grand export que d’habitude : dans le hall 5B, où se trouvent les exposants du mobilier contemporain moyen et haut de gamme, on a ainsi vu très peu d’acheteurs américains, asiatiques, en provenance de Russie ou du Moyen-Orient, ce qui est habituellement l’un des points forts du salon. Un point positif émerge néanmoins des témoignages recueillis, la présence de nouveaux clients, notamment français et de pays frontaliers.

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Fauteuil Lili (iResistub).

Que faut-il en conclure, dans un contexte économique qui est plutôt à la reprise, avec un marché français du mobilier et de la décoration qui reprend des couleurs, avec près de 5 % de croissance au premier semestre ? Si personne n’a véritablement d’explication rationnelle, ce constat peut être rapproché des très mauvais résultats, cet été 2016, enregistrés par le secteur du tourisme, en France en général et particulièrement à Paris. C’est donc un contexte général post-attentats et peut-être aussi lié à la question des migrants, qui pourrait expliquer une telle contre-performance.

 

Jouer la carte de l’édition

Conformément au positionnement du salon, les exposants fabricants de meuble ont tous joué la carte de l’édition et donc de la création originale de produits, orientés spécialistes ameublement, mais surtout boutique déco et contract. Leader français du mobilier en métal, Fermob a lancé sur le salon de nombreuses nouveautés très inspirées, en explorant la couleur, la fonctionnalité et des matériaux inédits pour la marque comme le bois. Parmi elles, on peut citer les chaises La Môme (design Olivier Gence), une relecture contemporaine de la chaise bistro, et outdoor Surprising teck (design Harald Guggenbichler), qui associe une structure en fil d’acier et un lattage en teck, ou encore la table Ribambelle (design Studio Fermob), modulaire puisque ses allonges (de 1 à 3, discrètement dissimulées sous le plateau), permettent d’accueillir en trois versions de 8 à 12 convives. Autres acteurs du mobilier en métal, Matière grise a lancé la nouvelle collection de tables basses Wind (design Victoria Wilmotte), aux plateaux sculptés grâce à la technique du pliage, tandis qu’iResistub a lancé les nouveaux fauteuils rembourrés Lili et Betty, en versions indoor et outdoor. En créant Drugeot Labo, le fabricant de meubles de complément a clairement pris les chemins de la création, comme le montrent les nouvelles propositions exposées pour le rangement.

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Drugeot Labo.

Pour mettre en avant l’originalité de ses collections, Galea Prestige cite en exemple la table basse Venezia, composée d’un piétement métal et d’un plateau en verre formé de trois cercles laqués blanc, étain et bronze. Afin de valoriser également sa création interne, Meubles Zago a mis en avant sa nouvelle gamme de tables avec plateau en béton allégé, fabriquée dans sa nouvelle usine au Vietnam, sa collection de style industriel en bois et métal, ou encore sa ligne d’inspiration scandinave en chêne massif et plaquée en finition cérusée. Enfin, le fabricant de tables bases Antoine Motard a montré tout le chemin qu’il a parcouru dans la création contemporaine, en exposant les dernières déclinaisons de sa marque d’édition Gallery 910.

 

 

 

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