Mobilier Européen

Publié le : 21 novembre 2014

Mobilier Européen : 5 offres validées, 1 099 emplois sauvés sur 1 969

Le Tribunal de Grande Instance de Mulhouse vient de valider, ce vendredi 21 novembre, 5 offres de reprise concernant le groupe Mobilier Européen.
- L’ensemble de ces offres font apparaître un niveau de sauvegarde de l’emploi de 971 postes sur un total de 1969 - si l’on considère les magasins détenus en direct et le siège – auxquels d’ajoutent 128 propositions de reclassement prévues par les offres. Le nombre d’emplois sauvegardés est donc de 1 099 sur 1 969 ;
- 51 magasins détenus en direct (sur 95) sont repris : les réseaux de franchise Fly et Crozatier, qui représentent respectivement 48 et 28 magasins et un total de 1 350 salariés, seront également repris ; par ailleurs, l’enseigne Atlas, concernée par des offres, « devrait continuer d’exister » selon le groupe ;
- L’offre de reprise la plus importante, celle de NF Holding – émanant de l’actuel directeur financier de Mobilier Européen, Nicolas Finck, qui avait été adoptée à l’unanimité par les comités de créanciers concernés - a donc été validée. Celle-ci prévoit la reprise de 724 emplois et concerne 39 magasins Fly ainsi que les contrats de franchise, auxquels s’ajoutent 9 propositions de reclassement ;
- L’offre de But, qui prévoit la reprise de 199 salariés sur 6 sites (4 Fly, 2 Atlas, qui porteront donc les couleurs de l’enseigne dirigée par Frank Maassen) et 119 propositions de reclassement, a également été validée ;
- Enfin, l’offre présentée par Casalys (société constituée par les cadres de Crozatier) et portant sur la reprise de 4 magasins sous l’enseigne et 32 salariés (ainsi que 4 postes au siège) a également été validée.
Le groupe précise par ailleurs qu’un accord collectif sur le PSE a été trouvé et devrait être signé lundi prochain – le 24 novembre – par les représentants du personnel et la direction (une enveloppe de 20 M€ a été sécurisée pour garantie des indemnités aux personnes qui perdraient leur emploi). A cela s’ajoute un accord de principe donné par l’Etat pour un cofinancement d’une cellule de reclassement inter-entreprises au groupe, à hauteur de 2 M€ ; enfin, la région devrait également contribuer au financement des formations, pour un budget estimé à 1 M€.


Publié le : 7 novembre 2014

Mobilier Européen : 9 offres recevables, 1133 emplois sauvés ?

Parmi les 21 offres de reprise confirmées et améliorées, qui avaient été déposées au cours de la première quinzaine d’octobre, 9 ont été jugées recevables par les administrateurs judiciaires.
Si la moitié concerne des magasins isolés – et dont certaines prévoient, en conséquence, des changements d’enseigne et de secteur d’activité – trois se démarquent par leur envergure.

NF Holding / But, Casalys, Atlas Newco

- La plus importante est une offre conjointe, en ce sens où elle réunit celles émises respectivement par NF Holding et But qui, initialement, présentaient des « difficultés de compatibilité » ; difficultés qui ont été levées, notamment pour permettre de revoir à la hausse le nombre de magasins et de salariés repris. Ainsi, l’offre de NF Holding – initiée par Nicolas Finck, actuel directeur administratif du groupe – a été adoptée à l’unanimité par les comités de créanciers confirmés ; elle concerne 41 magasins Fly ainsi que les contrats de franchise, ce qui équivaudrait à 724 emplois repris (+ 5 possibilités de reclassement). But, de son côté, a confirmé un projet portant sur 6 sites (2 magasins Atlas et 4 Fly), ce qui entraînerait la reprise de 228 salariés, à laquelle devraient s’ajouter 119 propositions de reclassement.
- La société Casalys, constituée par Christophe Rapp et Christophe Kuntschmann - respectivement directeurs de l’enseigne et du réseau Crozatier - auxquels s’associent d’autres cadres de l’enseigne et des « partenaires stratégiques », ont présenté une offre pour la reprise de 4 magasins du réseau (ainsi que la marque Crozatier et ses dérivés), qui prévoit de conserver 28 salariés dans les points de vente et 8 salariés du siège ; 13 contrats de franchise sont également concernés par l’offre de Casalys.
- Le troisième projet d’envergure est celui avancé par la société Atlas Newco, « constituée par 5 franchisés Atlas », qui envisage de reprendre des magasins du réseau.

Les franchises également concernées

Ainsi, résume le groupe, « 52 magasins détenus en direct sur 95 font l’objet d’offres fermes de reprise ; les 3 enseignes devraient donc continuer d’exister ». Concernant les réseaux de franchise (là encore, toutes enseignes confondues), Mobilier Européen précise, sans aller plus loin, que tous les 3 – soit environ 1 600 salariés pour 90 magasins, nombres à réajuster en fonction du choix que feront d’ici-là les franchisés en question concernant l’avenir de leurs points de vente respectifs – « font également l’objet d’offres fermes de reprise » , sous réserve, donc, de leur accord.

L'élargissement de la sauvegarde d'emplois

Les 9 offres agrégées font apparaître un niveau de sauvegarde de l’emploi atteignant 1 009 salariés sur un total de 2 076, si l’on considère les magasins détenus en direct et le siège, auxquels s’ajoutent 124 propositions de reclassement prévues par les offres :« Par rapport aux premières offres fermes reçues le 7 octobre, on élève donc légèrement le niveau de sauvegarde : il passe ainsi de 971 à 1 133 emplois » avance le groupe. Le Tribunal de Grande Instance de Mulhouse doit se prononcer sur l’ensemble du plan de cessions le 12 novembre prochain.


 

Publié le : 29 octobre 2014

Reprise de Mobilier Européen

Dans la lignée des manifestations d’intérêts formelles – treize au total - reçues le 17 septembre dernier, les candidats repreneurs avaient jusqu’au 7 octobre pour déposer leurs offres fermes auprès des administrateurs judiciaires de Mobilier Européen : le groupe en a reçu 24 au total, qui ont été présentées aux comités d’entreprises vendredi dernier, à Kingersheim. Si les manifestations d’intérêts reçues en septembre étaient informelles et non engageantes, les offres fermes reçues la semaine passée sont engageantes et publiques, ce qui doit permettre aux différents candidats d’avoir accès aux propositions concurrentes, et éventuellement de préciser et d’améliorer la leur : ils ont jusqu’au 24 octobre au soir pour le faire.

Mobilier Européen AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Mobilier Européen AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Certaines prévoient de conserver les marques

« Concernant les 95 magasins détenus en direct par le groupe, 53 au moins font l’objet d’une offre ferme de reprise, annonce Mobilier Européen dans un communiqué. Par ailleurs, les trois réseaux de franchise Fly (48 points de vente franchisés), Crozatier (28) et Atlas (15) font l’objet d’offres fermes de reprise de l’ensemble des contrats de franchise ».
Comme nous l’apprenait un porte-parole du groupe en septembre, bon nombre d’offres sont émises par des acteurs du meuble, certains souhaitant conserver les marques, forts de la notoriété et de l’image qu’elles ont pu acquérir au fil des années (pour rappel, Crozatier, Atlas et Fly existent respectivement depuis 1904, 1973 et 1978).
Une offre se détachant des autres par son ampleur est sans doute celle émise par Nicolas Finck, actuellement salarié de Mobilier Européen puisqu’il est son directeur financier, et ses partenaires (via la société NF Holding, en cours de constitution) : elle concerne à elle seule 41 magasins Fly, ce qui équivaut à 748 emplois.
La SAS « Atlas N’ Co », ayant pour actionnaire la PEM (Promotion Européenne du Meuble) ainsi que certains collaborateurs du groupe Mobilier Européen, auxquels pourraient s’ajouter des franchisés Atlas (qui ont la possibilité de bénéficier de parts dans cette SAS), a déposé un dossier de reprise de l’enseigne Atlas.
Concernant Crozatier, Christophe Kuntschmann, directeur de l’enseigne, aurait manifesté son intérêt pour cette marque, et son projet de reprendre plusieurs magasins. Les groupements d’achats SAGAM et GRAM proposent de reprendre l’ensemble des points de vente franchisés (ce qui devrait représenter entre 20 et 28 unités environ, ceci dépendant du choix que feront d’ici-là les franchisés en question concernant l’avenir de leurs magasins respectifs) ainsi que la marque. L’UCEM dit avoir également émis un projet concernant Crozatier. Il est très important de noter, encore une fois, que ces offres doivent être précisées et réajustées d’ici une semaine.
D’autres projets sont émis par des acteurs non issus du meuble, mais qui ont également pour volonté de conserver les marques. C’est le cas de la société Arum International (dirigée par Patrick Werner, ancien président du directoire de la Banque Postale), qui s’intéresserait à la majorité des magasins Atlas, ce qui représente environ 290 emplois… Données à confirmer dans la mesure où, selon le porte-parole du groupe, l’offre en question comporte encore, à ce stade, de nombreuses imprécisions.

Des offres d'acteurs du meuble... pour un changement d'enseigne

Un projet déposé par But concernerait six à huit magasins Fly et Atlas, pour lesquels 228 postes seraient conservés sur 347 (les 119 autres salariés se verraient proposer des opportunités de reclassement). Alinéa, de son côté, a émis une offre concernant le point de vente Fly de Saint-Bonnet-de-Mure (Rhône), projet qui maintiendrait les postes des 43 salariés.

Les candidats intéressés par l'immobilier

Ces 24 offres comprennent également celles d’acteurs extérieurs au secteur du meuble, qui pourraient ajouter des points de vente à leurs réseaux en reprenant des magasins du groupe, de manière isolée, pour y apposer leur enseigne. C’est le cas du spécialiste Chaussea, intéressé par trois magasins Fly – avec reprise d’une partie des forces de vente en place, selon le groupe Mobilier Européen - ou encore Eram ou le discounter Tati…

2571 emplois sauvés ?

Concernant l’aspect social, les précisions reçues des candidats repreneurs font apparaître un niveau de sauvegarde de l’emploi qui atteint, au 7 octobre, 921 postes sur 1 820 si on considère les magasins détenus en direct par le groupe, et environ 2 521 postes sur 3 420 si l’on y ajoute les points de vente franchisés. Une inquiétude plus marquée concerne le siège, pour lequel, à ce jour, seuls une cinquantaine d’emplois pourraient être maintenus (on arriverait donc au total de 2 571 postes sauvegardés sur 3 742). Le groupe s’efforce actuellement de porter ce nombre global à la hausse : « Tout emploi qui n’est pas sauvé constitue un échec, avance Philippe Rapp, co-président du groupe. Tout au long de ce mois d’octobre, je continue, avec l’équipe de direction et l’aide des administrateurs judiciaires et de toutes les parties prenantes solidaires, à travailler pour améliorer le nombre d’emplois préservés, et pour construire le meilleur PSE possible pour ceux des salariés qui, en dépit de tous les efforts, perdront leur emploi. Les salariés de Mobilier Européen ont souvent une longue histoire avec ce groupe, il y a beaucoup de fidélité humaine et notre priorité absolue est tournée vers nos salariés ». La compagnie de mobilier précise que la constitution d’une enveloppe d’environ vingt millions d’euros, servant à financer le PSE, est « en bonne voie » : les liquidations de stocks opérées cet été ont été mises en place pour cela, et pour le paiement des fournisseurs.

Et maintenant...

Les offres fermes déposées ce 7 octobre doivent maintenant être précisées, améliorées et surtout rendues compatibles entre elles. Le groupe prévoit de communiquer de nouveau quelques jours après le 24 octobre pour faire le point sur les offres définitives de reprise ; début novembre, il reviendra ensuite au Tribunal de Grande Instance de Mulhouse de se prononcer. C’est à l’issue de ce jugement que seront connues les situations de chaque enseigne et magasin. L'entreprise insiste de nouveau sur le fait qu’à ce jour, les trois marques et leurs réseaux de franchises pourraient continuer d’exister : même si cela reste une hypothèse, l’existence d’offres « qualitatives » semble encourageante pour aller en ce sens.

 


Publié le : 3 octobre 2014

Mobilier Européen : 13 offres, "pas de vente à la découpe"

Trois mois après son placement en sauvegarde judiciaire – intervenu le 18 juin dernier – les administrateurs judiciaires du groupe ont été en mesure, le 16 septembre, de faire un premier point sur les manifestations d’intérêt à la reprise des actifs, face aux instances représentatives du personnel.

mobilier européen

"Toutes issues du secteur du meuble"

Mobilier Européen annonce ainsi avoir reçu treize offres de reprise, sous la forme de « lettres d’intention » ou de « simples marques d’intérêt », donc non fermes. S’il est bien évidemment impossible d’en dévoiler précisément le contenu, afin de maintenir un bon niveau de concurrence entre elles jusqu’à la date de remise et de publication des offres engageantes le 7 octobre prochain, un porte-parole du groupe assure que ces treize manifestations « émanent toutes d’acteurs du meuble, ou ayant un projet dans le meuble » .
Dans le détail :
- Sur les 101 magasins détenus en direct par le groupe en France, des repreneurs potentiels ont manifesté un intérêt pour 57 d’entre eux ;
- Pour Mobilier Européen, Meubles Rapp et GIE (qui représentent les sociétés installées historiquement au siège du groupe à Kingersheim, en Alsace), les marques d’intérêt reçues évoquent la reprise d’environ 50 contrats de travail ;
- L’ensemble du réseau de franchise (Fly, Atlas, Crozatier) est concerné par une ou plusieurs marques d’intérêt (pour la poursuite des contrats de franchises avec la centaine de magasins franchisés). « Ainsi, avance le porte-parole du groupe, si ces intentions se concrétisent en offre – nous le saurons le 7 octobre – chacune des trois marques devrait continuer d’exister, ce qui aurait bien évidemment un impact important sur les franchisés. A ce stade, elles ont au moins réussi à susciter de l’intérêt pour ce qu’elles sont… Le groupe ne sera donc pas vendu à la découpe ; et de toutes manières, évoquer le terme « vente » est inexact, car nous sommes actuellement en phase de reprise. Il y a une logique de préservation des emplois. »
- En considérant le périmètre élargi du groupe (succursales + franchisés), 153 magasins sur 197 font l’objet d’une ou plusieurs offres de reprise à ce stade, ce qui correspond à 2 834 emplois sur un total de 3 747 (300 au siège, 1 848 en magasins détenus en direct, et environ 1 600 dans les points de vente en franchise) : « Cela signifie qu’avec la vision actuelle, susceptible d’évoluer dans un sens ou dans l’autre en fonction des offres définitives, environ 850 emplois seraient en danger, et 44 magasins menacés de fermeture » explique le groupe, précisant toutefois que ces 850 emplois en danger sont répartis sur le territoire, « ce qui offre de meilleures perspectives que s’ils étaient concentrés sur un seul bassin d’emploi ». Le bassin d’emploi de Kingersheim serait à l’heure actuelle le plus impacté, avec environ 250 postes menacés ;
- On peut ajouter, à ces 153 magasins qui font l’objet d’une ou plusieurs offres, les 29 points de vente de Mobilier Européen, qui ont été repris en avril dernier, donc antérieurement à la procédure actuelle, « ce qui correspond à environ 500 emplois supplémentaires préservés » d’après le groupe. Mobilier Européen tient à mettre en avant le fait que, si l’on considère toutes ces offres, « ce sont près de 60 % du périmètre du groupe qui ont, à ce jour, suscité de l’intérêt, ce qui n’est pas rien dans un secteur sinistré » .

"Pas de cessation de paiements"

Le 17 septembre, au lendemain de ce premier point sur les offres de reprise, Mobilier Européen a sollicité et obtenu son placement en redressement judiciaire, lors de l’audience au TGI de Mulhouse. Là encore, le porte-parole du groupe tient à apporter davantage de précisions : « Le placement en redressement judiciaire peut évidemment intervenir à la suite d’une cessation de paiements, mais pour Mobilier Européen, ce n’est absolument pas le cas : ici, ce redressement judiciaire est tout simplement la suite logique de la procédure de sauvegarde. Il ne traduit donc pas une détérioration brutale de la situation du groupe, mais s’inscrit dans le processus juridique pour avancer sur le plan de cession des actifs. Nous certifions qu’il n’y a pas eu de cessation de paiements » . Cet été, le groupe avait initié une liquidation de stocks sur une cinquantaine de magasins pour générer des ressources afin, notamment, de payer les fournisseurs, et commencer à constituer une enveloppe pour le PSE…

Prochaine échéance le 7 octobre

Les candidats repreneurs ont jusqu’au 7 octobre pour présenter une offre engageante – offre qu’ils pourront améliorer jusqu’au 24 du même mois. Dans les semaines à venir, la question sociale restera la priorité centrale : « Il est indispensable que les conditions soient créées pour que chaque salarié susceptible de perdre son emploi bénéficie des moyens appropriés lui permettant d’organiser, dans les meilleures conditions, son devenir professionnel » résume-t-on au sein du groupe. Les administrateurs judiciaires et la direction de Mobilier Européen prévoient de se montrer vigilants sur les volets sociaux de chaque offre engageante, cela dans le but que « la continuation des emplois des personnels concernés se produise dans les meilleures conditions possibles » .

 


Mise à jour 29/08/2014

Le groupe Mobilier Européen a entamé le 21 août dernier la liquidation des stocks dans une cinquantaine de points de vente Fly, Atlas et Crozatier, cela dans le but de dégager de la trésorerie. Les administrateurs judiciaires ont fixé respectivement au 15 septembre et au 7 octobre la date limite de dépôt des offres non-engageantes et fermes.


Publié le : 15 juillet 2014

Mobilier Européen : des précisions sur le dossier

Le 18 juin dernier, la Chambre Commerciale du Tribunal de Grande Instance de Mulhouse a prononcé la décision de placer le Mobilier Européen sous le régime judiciaire de sauvegarde.
Le groupe avait été créé en 1969 par les Alsaciens Pierre et Paul Rapp ; il comprend aujourd’hui les enseignes Fly, Atlas et Crozatier, employant 2 150 salariés. Il se positionne au quatrième rang de la distribution de meubles en France, et est même le premier groupe à caractère familial, avec une structure constituée de magasins en propre dans la SER (Société d’Exploitation Rapp) et de franchisés.
Un virage avait déjà été abordé en décembre dernier, lorsque Conforama – qui appartient au groupe sud-africain Steinhoff – et Mobilier Européen avaient annoncé le regroupement de leurs activités d’approvisionnement et de logistique : cet accord faisait désormais revenir à l’ensemble nouvellement constitué une part de marché de 21 %, ce qui le plaçait devant Ikea, sur la première marche du podium de la distribution d’ameublement en France.
Que devrait-il maintenant se passer ? La mise sous sauvegarde permet au groupe de sécuriser son personnel et ses clients ; les magasins vont continuer à fonctionner. Mobilier Européen nous informe que les offres de reprises peuvent être déposées jusqu’au 15 septembre, et que « de nombreux acteurs » sont intéressés. En parallèle, une dizaine de magasins Atlas de France vont adopter l’enseigne Conforama, tandis que quelques points de vente Fly deviendront Confo Dépôt, voire Confo Déco pour d’autres. Conforama avait acquis Fly Suisse, fort d’un réseau de 19 magasins : ces derniers doivent devenir soit des Conforama (dans la partie germanophone), soit des Lipo (autre enseigne appartenant à Steinhoff).
Cet épisode marquant confirme la division de la distribution française de l’ameublement en deux groupes bien distincts :
- La grande distribution de meubles, qui englobe l’équipement du foyer et le jeune habitat (y compris les enseignes de Mobilier Européen), pour une part de marché d’environ 60 % ;
- Les spécialistes ameublement, généralistes ou spécialisés dans une ou plusieurs familles de produits (literie, cuisine, etc.)


Publié le : 04 juillet 2014

Mobilier Européen : la filière du meuble réagit

Suite au placement de Mobilier Européen sous le régime de la sauvegarde judiciaire et l’impact sur la filière tant du point de vue de la distribution que des fabricants, la Fnaem et l’Unifa prennent la parole.

 AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Fnaem : Pour des Etats généraux de l'ameublement

DidierL'onde de choc provoquée par le passage de Mobilier Européen sous le régime de la sauvegarde judiciaire s'est répandue dans toute notre profession, avec d'autant plus de force que cet événement survient dans un contexte économique durablement dégradé pour nos salariés, fournisseurs, franchisés, dirigeants, concurrents et partenaires. Tous sont légitimement inquiets de ses multiples conséquences en cascade, déjà abondamment commentées dans ces colonnes. Au-delà de l'événement, il nous faut prendre le recul indispensable à son analyse. Cet épisode de l'histoire de notre profession s'inscrit en effet dans un contexte depuis longtemps dégradé. A 9,27Mds€ TTC en 2013, le marché de l'ameublement français est inférieur à sa valeur de ...1990 (9,63Mds€) ! Entre temps, les volumes écoulés ont considérablement crû, tandis que les coûts d'exploitation (loyers, salaires, taxes etc..) n'ont cessé d'augmenter. La rentabilité des distributeurs s'est donc logiquement et continuellement dégradée, au point d'aboutir aux tristes événements que nous vivons. Tristes car dans un tel contexte, le malheur des uns ne saurait faire durablement le bonheur d'autres. Il n'a en effet jamais existé d'entreprise durablement forte dans un marché faible ou déclinant ! Et nous savons désormais que des distributeurs importants peuvent connaître un sort que beaucoup croyaient, jusqu'à présent, et à tort, réservé aux seuls fabricants occidentaux, victimes de leur statut d'industries de main d'oeuvre.
Les instants que nous vivons constituent une rupture profonde dans l'histoire de la profession. Ils relativisent le traditionnel clivage fabricants / distributeurs. Ils ébranlent aussi notre confiance dans un modèle économique patrimonial, jusqu'alors perçu comme une garantie "tous risques" face aux aléas conjoncturels. Surtout, ils appellent à une prise de conscience et à un sursaut collectif ! Au nom des 125 000 emplois de la filière meuble, nous devons mobiliser et coordonner nos énergies pour engager des actions de relance du marché de l'ameublement. Nos homologues italiens ont à cet effet obtenu en 2013 l'instauration d'une réduction fiscale liée à l'achat de mobilier, dont ils ont estimé les premiers effets annuels à plus de 200M€ ! Le tout alors que la situation économique et financière de l'Italie n'est pas meilleure que celle de la France. Alors, pourquoi pas nous ?
Pour ce faire, la Fnaem a d'ores et déjà pris l'attache du gouvernement et de parlementaires. Dès la rentrée, elle prendra également l'initiative d'Etats Généraux de l'ameublement auxquels seront conviés à participer fabricants, distributeurs et partenaires, pour définir et coordonner les actions indispensables au redressement de notre marché et à la santé de ses acteurs. Gardons, tous unis, confiance et courage.

Didier Baumgarten, Président de la Fnaem.

Unifa : 1ères mesures pour préserver les intérêts des fournisseurs

JMDepuis l'annonce, totalement inattendue, le 18 juin, de la mise sous sauvegarde de la quasi-totalité des des sociétés du Groupe Rapp (sont visées par la sauvegarde les sociétés suivantes : Distri Import, GIE Groupe Rapp, Meubles Rapp, Mobilier Européen, Immo Rapp, Maison Boulard - Société d'exploitation Rapp SER), l'Unifa s'est mobilisée et a mis en place une cellule de crise, en association avec son partenaire Codinf.
Dans les jours qui ont suivi, une première réunion a permis de recenser les entreprises touchées, le niveau du passif fournisseur, et l'ampleur des indemnités que les assureurs crédit devront verser aux entreprises qui étaient assurées, font de sinistre l'un des plus importants enregistrés par les fournisseurs industriels du meuble de ces dernières décennies. Au-delà des aspects juridiques, une course contre la montre est engagée pour trouver une sortie à cette défaillance qui offre aux industriels fournisseurs, comme aux franchisés, la meilleure solution de rebond permettant de pérenniser un chiffre d'affaires crucial en ces temps difficiles sur le marché français de l'ameublement domestique, qui connaît une concentration n'existant nulle part ailleurs.

Jean-Marie Lacombe, Président de l'Unifa.

 


 

Ne manquez aucune info du secteur
Abonnez-vous à notre newsletter !

* champs obligatoire