Rachat de Darty : accord avec Conforama

Deux semaines auront suffi pour accélérer le processus. Rappelons que, le 2 mars dernier, Darty déclarait avoir reçu une « offre conditionnelle » de la part de Conforama. Une quinzaine de jours après, donc, dans un communiqué officiel diffusé ce vendredi 18 mars, les conseils d’administration de Conforama et Darty annoncent avoir trouvé « un accord sur les termes d’une offre recommandée », entièrement en numéraire, initiée par Conforama (avec le soutien de sa maison-mère Steinhoff) ou « par une société entièrement détenue, directement ou indirectement, par Steinhoff », en vue de l’acquisition de la totalité des titres de capital émis et à émettre par Darty.

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La Fnac a priori écartée

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Une offre en numéraire, donc plus alléchante

Cette offre devrait être réalisée sous la forme d’une OPA. Selon ses termes, les actionnaires de Darty recevront, pour chaque action Darty, 125 pence en numéraire (soit légèrement au dessus de l’offre de la Fnac) ; elle valorise ainsi la totalité des titres de capital, émis ou à émettre, de Darty à environ 673 millions de livres britanniques (environ 865 millions d’euros, contre environ 859 millions d’euros proposés par la Fnac). Mais surtout, l’offre de Conforama est en cash, principal argument par rapport à celle de la Fnac. « L’offre en numéraire de Steinhoff représente une prime par rapport à la dernière offre de Fnac, souligne Alan Parker, président du conseil d’administration de Darty, une prime de 54 % par rapport au dernier cours de clôture avant l’annonce d’un projet d’offre, et offre aux actionnaires de Darty une probabilité de réalisation plus importante ». En conséquence, les administrateurs de Darty « ont l’intention de recommander à l’unanimité aux actionnaires de Darty d’accepter l’offre » et « de conclure des engagements d’apport de leurs actions Darty à l’offre dès la publication par Conforama des documents d’offre, à moins que Fnac n’annonce une offre plus favorable, tant sur le plan financier qu’au regard de sa certitude d’exécution. » Car évidemment, la Fnac peut en effet rester dans la compétition - Alexandre Bompard, son dirigeant, a déclaré que l’entreprise se réservait la possibilité de poursuivre l’aventure en exploitant différentes options – même si elle se trouve tout de même dans une position beaucoup moins confortable que celle de Conforama.

 

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« Créer un leader français de la distribution de produits de la maison »

Le conseil d’administration de Conforama dit considérer que la réalisation de l’offre permettra de « créer un leader français de la distribution de produits et accessoires de la maison, opérant sous des marques bien établies et complémentaires ». Alexandre Nodale, PDG du groupe, précise : « L’offre présente une opportunité intéressante, pour Darty et Conforama, de développer leurs implantations respectives, en particulier en France, au travers d’une offre étendue d’équipement de la maison, et notamment d’équipements électrodomestiques. Celle-ci permettra d’offrir des solutions intégrées aux consommateurs finaux pour chaque pièce de la maison. L’opération sera fortement créatrice de valeur, en permettant la réalisation d’économies d’échelle liées à la combinaison des volumes d’achat, des structures logistiques et de la distribution multicanale. Par ailleurs, l’offre présente une opportunité, pour les équipes de direction de Darty ainsi que pour l’ensemble de ses salariés, de devenir partie intégrante d’un leader européen de la distribution spécialisée, au sein duquel ils seront à même de se développer et d’évoluer professionnellement ».

 

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Concurrence et inquiétudes sur le plan social

Evidemment, cette nouvelle offre, comme celle de la Fnac, est soumise à l’accord de l’autorité de la concurrence. Mais bien que Conforama réalise quasiment 40 % de son activité par la vente d’appareils électrodomestiques, ses 204 magasins français peuvent apparaître complémentaires à ceux de Darty, pour un maillage du territoire optimal, dans la mesure où ils sont implantés dans des grandes zones commerciales périphériques… alors que ceux de Darty investissent les centre-ville et les centres commerciaux. La question de la concurrence pourrait donc ne pas être problématique. En revanche, les syndicats s’inquiètent déjà des répercussions que pourrait avoir ce rachat sur la masse salariale, notamment au niveau de la synergie de différents services (le SAV, par exemple) dans un but de réduction des frais de fonctionnement. Pour l’heure, le groupe Steinhoff a exprimé sa volonté de ne pas toucher aux effectifs.

 

 

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