WM88 : les raisons d’une visite présidentielle

En visitant la société WM88, le Président François Hollande a salué le renouveau d’une entreprise industrielle vosgienne, grâce à un éco-système qui permet d’apporter des réponses pertinentes aux attentes du consommateur d’aujourd’hui, en termes de prix, de personnalisation et de services. Un nouveau modèle économique qui vaut pour l’ensemble des industries de l’ameublement.

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François Hollande entouré par Stéphane et Dominique Weber (groupe Weber Industries).

 

C’est un événement peu habituel dans le secteur du meuble qui s’est déroulé le 20 janvier dernier sur le site industriel du fabricant de meubles de cuisine et de salle de bains WM88 (Groupe Weber Industries) à Châtenois dans les Vosges : pour la visite du Président de la République, accompagné par son cortège d’élus locaux et d’officiels, toute l’entreprise était sur son 31. Détendu, souriant, François Hollande a consacré une bonne heure de son temps à découvrir l’outil de production, s’arrêtant à chaque poste de travail pour se faire expliquer les étapes de la fabrication, et échanger une poignée de main et quelques mots avec les salariés. La visite s’est terminée dans le showroom de l’usine, par une évocation du contexte économique, d’où est ressortie l’importance stratégique pour la France de maintenir, développer et adapter son industrie pour demeurer un acteur important du jeu international.

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Un site industriel symbolique

Certes, il manquait à l’agenda du Président une visite dans les Vosges, qu’il a fait en sorte d’accomplir avant la fin de son mandat, en le plaçant sous le double thème des industries du meuble et du textile, dont le bassin vosgien s’est fait une spécialité historique. Mais le choix de WM88 ne doit rien au hasard, dans la mesure où il est le symbole d’une renaissance industrielle : l’entreprise est née, en 2011, de la reprise de Manuest, la filiale de production du groupe VGC (marque Vogica), contraint au dépôt de bilan malgré différents plans de restructuration successifs, après avoir été le leader de la cuisine en France en employant jusqu’à 1 200 salariés. « Il y a, parmi les raisons de cet échec, une cause purement industrielle, car Manuest fabriquait à la fois du meuble de cuisine monté, et du meuble de cuisine en kit, deux typologies de produits très différents fabriqués sur les mêmes lignes de production, avec une complexité des process qui grevait la rentabilité de l’activité », analyse Dominique Weber, le président de WM88, artisan de la reprise, et également président de l’Ameublement Français.

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Une fabrication en partie robotisée.

 

Malgré cette erreur stratégique, aggravée par un contexte concurrentiel marqué par la mondialisation de la fabrication, le Groupe Weber considère que l’outil de production est robuste, et peut-être plus encore que le savoir-faire des salariés, et les infrastructures de formation de la région rendent possibles une reprise de l’activité : WM88 redémarre, en conservant 140 emplois salariés du site, mais avec un projet d’entreprise radicalement différent : « Compte-tenu de l’évolution du marché vers des cuisines plus économiques, sous l’impulsion notamment d’Ikea, nous avons réorienté l’activité vers du produit en kit, vendu en grande distribution, en mettant l’accent sur le service, c’est-à-dire en proposant un grand nombre d’options au consommateur final, et surtout des délais de livraison très courts, puisque nous sommes parvenus à  livrer aujourd’hui une cuisine complète en dix jours. L’ensemble de notre outil de production a été réorienté dans ce sens. » Aspect important de l’opération, la reprise de Manuest a été rendue possible grâce à un important acteur de la distribution, qui s’est engagé à acheter certains volumes de cuisines, montrant ainsi la pertinence d’une stratégie concertée entre industrie et distribution, mise en valeur par le développement du digital.

Dans son offre commerciale, WM88 propose une livraison au choix à la contremarque - avec accessoires, éclairage, plan de travail sur mesure, électroménager possible - en magasin, en plateforme ou à domicile. Cinq années plus tard, l’activité s’est redressée : l’entreprise a réalisé près de 46 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Son usine de 54 000 m² produit 1 400 à 1 500 cuisines complètes par semaine (environ 70 000 par an), à destination des acteurs de l’équipement du foyer et de la GSB. Le taux de service est de 98 %, avec moins de 1 % de SAV. C’est bien ce redressement, un contrexemple dans une industrie du meuble qui a perdu près de la moitié de ses emplois en vingt ans  – de près de 100 000 à 50 000 – qui a été salué par le Président de la République...

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