Enjeux, nouveaux rebondissements… le point sur la crise Steinhoff

Organisée il y a quelques jours, l’assemblée générale annuelle de Steinhoff – qui est la première depuis l’éclatement du scandale, survenu début décembre dernier – a permis de faire un point sur la situation actuelle et les objectifs définis pour assurer sa survie… sachant que, depuis cette réunion du 20 avril, deux nouveaux rebondissements sont venus s’ajouter à cette actualité déjà riche : la prise de contrôle de Poco par XXXLutz, et la plainte déposée par Christo Wiese, ex-président du groupe sud-africain, pour lui réclamer l’équivalent de 4 milliards d’euros.

 

 

Cinq mois tout juste se sont écoulés depuis ce 5 décembre 2017, date de la sortie du scandale au grand jour, et durant tout ce temps, la direction du groupe a eu pour priorité, comme elle l’a rappelé ce vendredi 20 avril durant son assemblée générale annuelle organisée à Amsterdam, de « sauvegarder le maximum de liquidités » afin de lui permettre un certain maintien de ses très nombreuses activités et, surtout, de rétablir quelque peu sa situation… tout au moins limiter son effondrement : car à l’heure actuelle, rien n’est joué, loin de là, et une grande incertitude demeure.

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750 M€ pour assurer le court terme…

Depuis qu’il est soupçonné de graves irrégularités comptables – un trou de six milliards d’euros apparaît toujours dans ses comptes, ce qui lui avait valu, lors de la découverte du scandale, de voir son action dépréciée de 90 % – la situation financière de l’acteur sud-africain, entre autres maison-mère de Conforama, demeure toujours, en effet, très précaire, après que de nombreuses lignes de crédit lui aient immédiatement été réduites ou suspendues, et que son fonds de roulement quasiment réduit à néant. Pourtant, depuis ce jour noir de début décembre, Steinhoff mène une intense course aux liquidités, restant concentré sur le développement de son plan de restructuration et la gestion de ses opérations en cours : 750 millions d’euros ont été levés et « sécurisés » afin de sauvegarder, pour le moment, son exploitation, et donc le soulager à très court terme ; comme ses dirigeants l’ont souligné à la suite de cette récente AG, les 12 000 magasins du groupe continuent d’ouvrir leurs portes chaque jour ce qui, en y ajoutant l’ensemble des autres sites, font travailler 130 000 salariés répartis dans une trentaine de pays… Le premier trimestre de l’exercice 2018 en cours a permis de dégager un chiffre d’affaires de cinq milliards d’euros.

 

… mais la situation demeure urgente

Néanmoins, la cession d’actifs, comme les nombreuses qui ont pu être opérées jusqu’alors – et qui ont concerné les 17 % de Showroomprivé que détenait Conforama, les titres PSG, les 17 % de KAP Industrial, les 6 % de sa filiale africaine STAR… tout cela lui ayant permis de récolter un milliard d’euros – ne sont pas, comme a pu l’admettre la présidente du conseil de surveillance Heather Sonn, une solution durable pour rétablir la situation financière du groupe, ; groupe qui affichait toujours, au 31 mars dernier, une dette globale de 10,4 milliards d’euros. D’autres moyens doivent donc être trouvés afin de poursuivre la restructuration : Steinhoff cherche notamment à prolonger un prêt de 750 millions d’euros arrivant à échéance au mois d’août prochain, concernant sa branche immobilière Hemisphere. D’autres mesures sont prévues à l’échelle de chacun de ses quatre « clusters » principaux, à savoir Steinhoff South Africa, Steinhoff Finance Holding GmbH, Steinhoff Europe AG + Stripes US Holding Inc., auxquelles s’ajoute donc Hemsiphere International Properties B.V.

L’accord de la vente des 50 % de Poco de Steinhoff à Lutz met fin à une longue période de litiges…

 

50 % de Poco revendus à XXXLutz, la fin d’un conflit

Rebondissement récent dans l’ « affaire » Steinhoff : le 26 avril, celui-ci a annoncé avoir conclu un accord concernant la vente des 50 % qu’il détenait, jusqu’alors, de l’enseigne Poco (120 magasins, 8 000 salariés, CA d’environ 1,6 milliard d’euros) au groupe XXXLutz. L’opération, qui sera finalisée au cours des prochaines semaines, affiche un montant de 266 millions d’euros… et, comme le rappellent particulièrement les titres de presse allemands, vient mettre fin à un long conflit qui persistait entre Steinhoff et le groupe détenu par la famille Seifert à propos de la propriété de cette enseigne. Avec cette acquisition, XXXLutz se rapproche ainsi de l’envergure du Suédois Ikea en Allemagne. Les difficultés subies par l’acteur sud-africain depuis quelques mois ont évidemment précipité cette transaction : déjà, en février dernier, le Tribunal d’Amsterdam avait en effet laissé entendre que Steinhoff ne pouvait pas prétendre à la propriété pleine de Poco.

 

4 Mds€ réclamés par Christo Wiese

L’acteur sud-africain doit aussi désormais faire face, depuis tout juste une semaine, à la plainte déposée par l’ancien président de son conseil de surveillance – sa démission avait été acceptée à la mi-décembre, pour renforcer la gouvernance indépendante du groupe – qui lui réclame aujourd’hui cinq milliards de dollars (soit environ quatre milliards d’euros) à titre de compensation pour des investissements consentis en 2016 : ces capitaux injectés par l’homme d’affaires avaient pour objectif d’aider Steinhoff, entre autres, à rembourser ses dettes et à financer le rachat de la chaîne américaine Mattress Firm… Dans un communiqué officiel paru dans la foulée, ce vendredi 26 avril, le groupe annonce actuellement « évaluer ces réclamations » pour « déterminer la ligne de conduite appropriée ».

Lire aussi : le début 2018 mouvementé de Steinhoff

 

Et maintenant ?

Pour l’heure, l’audit de PwC se poursuit, ce dernier ayant récemment déclaré qu’il comptait boucler son enquête d’ici la fin de cette année

 

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